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Analyse du clip "college boy" d'Indochine

Texte écrit par crystalisateur

Sorti il y a une semaine, le dernier clip d’Indochine, « collège boy » réalisé par Xavier Dolan a fait le « buzz ».

Ce clip à la fois fort et dérangeant a relancé la polémique sur la violence dans les œuvres artistiques. Il a été déclaré par ses auteurs comme ayant été créé à des fins de sensibilisation contre le harcèlement scolaire. Un « petit » -sic- article d’analyse de rigueur s’impose.

Vidéo du clip -   Attention: âmes sensibles, veuillez vous abstenir de regarder cette vidéo :

Résumé : L’action se passe dans un internat. Un jeune homme suscite les moqueries et les turpitudes des ses camarades de classe. On assiste ensuite à son lynchage complet, allant des coups de pieds dans la poitrine jusqu’à sa crucifixion et son exécution par balles.

Pour commencer, un petit récapitulatif des impressions de références du clip (liste non exhaustive et non homologué par l’auteur du clip) aux autres œuvres indochinoises. Remarquons en premier lieu que le clip est intégralement tourné en noir et blanc. Si ce procédé avait déjà été utilisé pour « pink water », « le lac » ou bien encore « crash me », cette approche monochromatique acquiert ici une vraie justification : si, d’une part elle octroie au clip un certain charme esthétique et lui confère une atmosphère classique, c’est surtout un bon moyen pour en estomper la brutalité iconographique de la scène. Après, les chuchotements du début (juste avant la sonnerie et la musique) me font légèrement penser à l’intro du clip « tes yeux noirs » ou au début de la version « Punishment Park Dub » des « versions longues »…

Ensuite, la brève course de l’étudiant peut évoquer celle d’ «Alice & June » et laisse place à l’apparition d’un lustre similaire à celui omniprésent dans le clip « pink water ». En outre, le crucifiement avait déjà eu son allusion dans « mao boy ». […]


***

Abordons maintenant mon analyse des éléments qui se trouvent donnés dans ce clip.

1) L’intensification de la violence

Le clip commence dans le silence assez troublant d’une classe studieuse. Il est interrompu par le bruit du froissement d’une feuille de papier et par les ricanements d’un des élèves. Tout s’amorce alors avec des jets des boulettes en papiers, actes somme toute assez anodins. Mais les agressions à caractère discriminatoire vont très vite s’intensifier jusqu’à dégénérer en pogrom généralisé.

On assiste ainsi dans ce clip à cette escalade de violence. Le stylo qui est lancé au début et qui s’écrase au sol point déjà comme un signe précurseur des violences à venir. De même, le papier froissé par les mains qui l’enserre peut s’interpréter comme le destin de la victime qui sera elle aussi broyée. Cet effet annonciateur du pire à venir est surligné par la goutte de sang sur la joue du jeune homme – doit on y voir une larme de sang ? -, symbole d’une mort programmée.

Le pensionnaire découvre à sa sortie de classe que son casier s’est fait vandaliser. On remarque que le cadenas est ouvert, métaphore peut-être de son intimité violée à partir du moment où il est « sorti du placard ». C’est alors l’occasion pour lui de contempler son reflet dans un miroir brisé, allégorie au combien explicite de l’état d’une identité ou vie, elle aussi brisée. (Notons au passage que le trouble identitaire éventuellement causé par toute différence est ici bien implicitement suggéré par l’intervention des miroirs.) Il «apprends d’ici que /sa/ vie ne sera pas facile - Chez les gens ».
A partir de là, il esquisse alors une fuite (sa course) qui ne pourra se révéler que stérile, rattrapé notamment par la complaisance incriminante et les moqueries de ses parents, «leur beau monde qu’il aime pourtant » (scène du repas de famille). Il pense alors à l’auto- défense (entrainement-dans le vide- dans sa chambre) qu’il n’aura pas à utiliser puisqu’il se fera bientôt rattraper par les événements.

La violence monte d’un cran avec l’attaque au ballon de basket qui marque l’entrée dans la brutalité physique réelle. Avant, son identité n’était réduite qu’à l’état d’ombre sur laquelle on pouvait jeter des boulettes de papier. On va maintenant lui faire regretter son existence et accessoirement sentir par la douleur - et quelles douleurs il va prendre ! - qu’il est bien vivant. Tout bascule à partir du moment où il se fait jeter de l’escalier qui représente une excellente métaphore de la gradation (aggravation) dans l’échelle de la violence. Il est projeté par dessus cet escalier et atterrit ainsi directement dans l’ère de la brutalité illimitée. Ce passage de basculement est très réussi et notamment grâce à l’apport des ralentis qui collent parfaitement à la musique (dans les vestiaires et l’escalier). Un cap est désormais franchit et la barbarie va pouvoir s’exprimer pleinement, dans toute sa démesure. On voit cette victime se faire lyncher (jetée à terre, rouée de coups dans le ventre et même humiliée par les projections de crachat et de pisse). Puis vient sa crucifixion : on le voit se faire planter un clou dans le bras - passage sans doute le plus horrible du clip - puis emporter pour être hissé sur une croix et érigé au milieu de la cour. Comme cette exposition sur l’échafaud cruciforme ne suffit pas, ses agresseurs dégainent des armes à feu et le mitraille d’une salve exécutrice. On pense alors voir un peu de répit venir avec l’arrivée de ce que l’on suppose être des policiers mais ceux-ci, hésitants et sous les exhortations du chef des agresseurs, loin de mettre un terme à la situation en rajoutent une couche en tirant à leur tour au pistolet-taser sur l’étudiant déjà agonisant.

Enfin, soulevons le fait que le crucifié est décoré d’une guirlande lumineuse pour illustrer le coté magnétique de l’exécution qui n’est au fond qu’une attraction, et pourrait on même dire une fête. L’indignation éveillée par ce drame est d’autant plus forte que cette histoire qui se termine sans morale et sans happy-end. Pis encore, le regard dédaigneux et cependant satisfait lancé par le meneur des exactions, à la toute fin, lorsqu’il se retourne victorieux est absolument offusquant. Le spectacle s’achève lorsqu’une espèce de cowboy siffle la fin de la recréation (au double sens du terme) et alors que tout le monde rentre en cours, la vie peut reprendre son cours normal sous l’indifférence générale.

2) L’indifférence générale

Un des points forts du clip et de sa réalisation est, pour moi, l’illustration de ce qu’on peut appeler « l’indifférence générale ». C’est un concept politico-social qui se manifeste principalement dans les cas de violence faite à une personne ou une communauté sous le regard nonchalant de son entourage (par exemple dans les cas de maltraitance infantile, de violence conjugale, etc. et d’où découle notamment le précepte de « non assistance à personne en danger », mais plus généralement, je l’associerais aussi à toute forme de racisme ou de discrimination). Son meilleur adversaire est l’indignation et ses plus proches soutiens, la peur ou le désintérêt… Bref, passons sur cette introduction philosophique pour en venir à ce qui nous intéresse ici pour ce clip.

Je disais donc que « college boy » donne ingénieusement à voir cette indifférence général face aux violences (allant des simples petites agressions jusqu’à la barbarie la plus infâme). Tout d’abord, nous voyons une maitresse d’école qui ne fait pas attention aux agitations qui règnent dans sa classe. Elle s’en détourne en, littéralement tournant le dos déjà aux petites agressions anodines (harcèlement) des élèves envers leur souffre-douleur.

a) L’aveuglement des enfants

Ensuite, c’est l’aveuglement de l’ensemble de ses camarades de classe qui est explicité. Si la plupart ne se prêtent pas directement aux violences à son encontre, qui n’est le fait que d’une petite bande menée par un leader, ceux-ci partagent néanmoins, de par leur silence, une certaine connivence avec les agresseurs et les actes qu’ils sont en train de commettre sous leurs yeux voilés. Cette tacite complicité des témoins commence lorsque le garçon ayant marqué un panier au basket (pitié !, le cliché du gars discriminé qui a du talent et réussi aurait pu être évité) se fait acclamer par une bonne partie de ses camarades avant que les pompons des cheerleaders ne s’abaissent pour se fondre dans la plus totale indifférence; premier passage où les bandeaux sur les yeux apparaissent. A partir de ce moment précis, tous les figurants présents seront affublés de cette myopie caractérisée. Ce clip s’impose comme étant une représentation puissante d’un phénomène paradoxal : un spectacle invisible. La violence ordinaire constitue ce spectacle que plus personne ne voit. Un spectacle est d’accoutumé présenté pour être vu, or ici les spectateurs sont aveugles et demeurent assez impassibles. Ils sont là, mais ne voient pas. Ils ne prennent pas conscience du tragique et de l’horreur de la situation (il y a en a même qui sont en train de filmer avec leurs portables). Et pourtant, il semble qu’ils ne soient pas totalement insensibles à ce qui se passe puisque l’on peut apercevoir un des enfants qui échappe une larme, larme qui appelle au sang versé. Cependant sa compassion reste à l’état embryonnaire puisqu’il ne réagit pas outre mesure par une contestation quelconque.

b) La complicité des adultes

Par ailleurs, la violence se produit sous l’impassibilité voire la complicité des autorités et des référents familiaux et sociaux. Lors du repas familial, là où l’adolescent persécuté pouvait espérer obtenir un peu de réconfort, il n’y a que moquerie et railleries. Les adultes que l’on pouvait penser responsables ne valent ici guère mieux que les tortionnaires adolescents. Pire encore, les policiers sensés représenter la loi, la justice, bref, l’autorité sociétale se mêlent à l’exécution ségrégationniste et aux moins l’un d’entre eux devient lui aussi, à son tour, bourreau par déférence aux incitations hargneuses du conspueur en chef (après quelques hésitations). Remarquons que, eux aussi ont les yeux bandés par des foulards qui font office d’œillère. Enfin, on distingue derrière une fenêtre, l’ombre de ce qui se suppose être l’un des professeurs, contemplateur isolé ayant secrètement assisté au spectacle, bien à l’abri derrière ses rideaux qu’il peut maintenant refermer. Après ce drame banalisé, les gens peuvent à présent regagner « leur vie si tranquille » et « leur beau monde ». Reste quelques bonnes sœurs affolées n’arrivant que trop tard pour lesquelles je n’ai pas d’interprétation à donner, si ce n’est qu’elles balancent leurs paperasses dogmatiques…

3) Caractéristiques de la discrimination et dénonciation de ce comportement

a) L’intemporalité de la haine et de la discrimination

Au départ, on pourrait penser que l’action se passe dans une époque reculée (début du XXème siècle), c’est du moins la première impression qui est donnée par l’utilisation du « noir et blanc » et par le ton du lieu où se produit la scène (internat, uniforme, famille bourgeoise, etc.) et que ces faits sont les erreurs d’un âge archaïque, mais non. Plusieurs éléments nous interpellent et nous font rappeler que cette intolérance est toujours d’actualité et encore bien réelle (j’en veux pour cause, par exemple, les encore toutes récentes agressions commise à l’occasion du débat contre le « mariage pour tous » en France.). Dans le clip, le portable -on en verra d’autres portables par la suite - qui vibre au tout début nous ramène immédiatement à l’époque contemporaine. Donc, ce qu’évoque assez bien ce petit métrage, c’est l’intemporalité de cette haine allant de l’antiquité (la croix) à l’heure la plus actuelle (le taser).

b) Les figures du phénomène discriminatoire

En outre, remarquons qu’en matière de violence haineuse, les schèmes du « leader instigateur » et du «bouc-émissaire» ne font ici pas défaut et sont même plutôt brillement rendus. D’un coté, nous avons un chef de bande malicieux qui excelle dans son rôle de bourreau du corps supplicié et, de l’autre, la figure du martyr * (dans son sens le plus littéral). Le sadisme de l’un (son sourire, son doigt sur la bouche en signe de ne pas hurler, etc.) fait écho aux souffrances de l’autre (qui doit encore en plus garder le silence et subir ses persécutions religieusement).

Note : Martyr* : Personne à qui on a infligé des supplices et/ou la mort parce qu'elle a refusé d'abjurer sa foi (ou, par extension, son identité) - le figure la plus fameuse est celle du Christ.

c) Un message de tolérance et une dénonciation opportune

30 ans après « 3ème sexe » (une « chanson pour pédés » selon la maison de disque de l’époque, la défiance (quand ce n’est pas de la pure haine) à l’égard des personnes ayant une sexualité déviante est toujours d’actualité. Déjà à l’époque le morceau précité s’imposait comme un hymne à la tolérance et maintenant encore durant les concerts, Nicola Sirkis de scander assez souvent des « merci de votre tolérance » en intro de ce morceau. Aujourd’hui, c’est un peu « college boy » qui prend la relève. Indochine a toujours prôné une tolérance envers les différences (sexuelles). Nombre de chansons du groupe évoquent d’ailleurs plus ou moins explicitement une certaine ambiguïté sexuelle voire une variété assumée (« 3éme sexe », « canary bay », « Pavillon rouge », « salombo », « trois nuits par semaine », « tes yeux noirs », « la machine à rattraper le temps », « le baiser », « Savoure le rouge », « unisexe », « kissing my song », « steph2 », «L'amoureuse », « Justine », « paradize », « punker », « le grand secret », « marilyn », « le manoir », « gang bang », « adora », « un homme dans la bouche », « vibrator »,etc.) - le thème est tellement omniprésent dans l’œuvre indochinoise qu’on devrait lui consacrer un article tout entier.

Ce clip traite de l’homosexualité et de la haine à son encontre (thème confirmé par Nicola dans ses interviews) mais il est métaphoriquement applicable à toute sorte de détestation envers tout ce qui est différent (étrangers, orientation sexuelle, religieuse, couleur de peau, etc.). Il est en conséquence une métaphore de la défiance ambiante envers tous les comportements qui apparaissent comme divergents. Poussée à l’extrême, elle se traduit par des actes d’une grande brutalité. C’est cette violence qui est mise en scène ici par un procédé d’exagération. Le clip dénonce ainsi deux types de souffrances : la première est purement morale, psychique (harcèlement, moqueries …), la seconde est brutale, physique (les coups, les tirs, la crucifixion). C’est la première qui est dans la plupart des cas ambiante et presque normalisée et le clip s’entend la dénoncer par la démonstration de la seconde qui est volontairement accentuée, surexposée, décuplée. La surdose de violence (fusillade et crucifiement), disproportionnée (un simple tabassage aurait pu suffire ?) n’est qu’un judicieux moyen de rendre la dénonciation plus percutante. Ce clip est choc. Le message qu’il porte n’est est que plus efficace et c’est tant mieux.

Les petites méchancetés du début sont mises en parallèle avec la surenchère de la fin (radicalité du châtiment par l’exécution et la crucifixion) pour montrer qu’il n’y a pas de petites violences et que la frontière qui fait passer de l’une à l’autre reste ténue. L’absence de punition des tortionnaires à la fin semble être un oubli délibéré comme pour nous rappeler aussi que « le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. »

Reste encore l’énigmatique « Merci » susurré par le martyr à la toute fin. A qui s’adresse-t-il, comment le comprendre ? Peut-être est-ce une manière de parachever sa sacralisation en tant que figure christique (sacrificielle) ? Je vous laisse le soin de l’interpréter comme bon vous semble.

Remarque superflue : j’ai constaté un « faux raccord » dans ce clip (le premier que je trouve par moi-même !) au moment où l’un des tortionnaires sort son pistolet mitrailleur d’un sac posé à ses pieds (à 4min30), sac qui disparait sur le plan suivant ! Mais ceci n’est pas grave et on pardonne facilement au réalisateur, car dans un clip, on peut supposer que la temporalité est altérée…

Addenda :

En conclusion, je dirais qu’Indochine signe l’un de ses plus grands clips à la fois esthétiquement honorable (proche d’un « pink water » ou d’un « le lac ») et symboliquement fort car en partie engagé (intentionnellement assimilable à « un jour dans notre vie »). Il s’impose comme étant une dénonciation bouleversante et percutante du harcèlement à l’école. Il se révèle comme une sorte de court « american history X » homosexuel poignant, le symbolisme chrétien en plus. Il est très réussi et prend par un certain coté une allure de scénette pouvant être tiré d’un très bon Tarantino. La dramaturgie crée par les ralentis est exquise. Il a réveillé ma passion pour cet art inconsidéré qu’est le clip. Avec sa réalisation soignée et sa photographie léchée parsemée de multiples petits plans qui sont autant d’éclairs de génie, il confine à la perfection. Il est digne des plus grands clips jamais réalisés. Les acteurs sont excellent (le garçon qui joue la victime mais surtout le leader au visage d’ange – qui me fait incroyablement penser à ce connard d’Alvaro dans la série « physique ou chimie ».) Bref, il est désormais à classer parmi mes clips préférés (si ce n’est mon préféré du moment, après avoir passé pas mal de temps sur son analyse) avec « Steph 2 » (à l’époque lui aussi censuré !, mon dieu !), « mao boy », « Marylin », « Crash me », « Little dolls », «savoure le rouge », « Les tzars », ou bien encore « Punishment park ».

Je ne pourrai désormais plus écouter cette musique de la manière dont je le faisais avant d’avoir vu ce clip, ses images restant en ma mémoire et apparaissant subrepticement au cours de mes nombreuses écoutes.

PS : j’ai découvert à l’occasion de cette rédaction que le mot « crucial » à originairement la signification de « qui est en forme de croix ».

Commentaires   

isuqomun
0 # isuqomun 09-05-2019 21:49
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