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Conte musical

Texte écrit par Frédéric

arbre02Il était une fois une clarinette, un saxophone et un violoncelle...

La clarinette était charmante, spontanée et parfois incontrôlable, surtout quand elle se mettait à jouer dans son registre aigu avec ce son si perçant. Elle était libre et ne voulait pas s’enfermer dans son orchestre classique à ne jouer que du Mozart ou du Berlioz. Tantôt espiègle tantôt sérieuse, elle se cherchait donc pendant un moment, jusqu’au jour où elle rencontra un violoncelle, instrument beaucoup plus imposant et rassurant. Son timbre à la fois grave et chaud séduisit notre clarinette, qui ne voulut plus jouer qu’avec lui. Les deux instruments contrastaient de par leur apparence et leur taille, mais finalement, leurs timbres respectifs s’accordaient à merveille dans bon nombre de musiques. Mais la clarinette, un peu folle de nature, trouva que son violoncelle restait assez classique, et lui reprocha de ne pas s’aventurer sur des terrains risqués et de ne pas utiliser ses capacités dans d’autres styles, le jazz par exemple. Le violoncelle, assez souple et ouvert, préférait tout de même ses compagnons d’orchestre classiques comme le violon ou la flûte. Alors la clarinette ne dédaigna pas regarder d’autres instruments, et rencontra un jour un saxophone. Il produisait un son incroyablement chaleureux et inquiétant en même temps, pouvant à la fois être séducteur et agressif. Mais il était incontrôlable, passant d’un orchestre à un autre, s’adaptant au jazz, au classique, au funk… il improvisait sans cesse, c’était dans sa nature, et dès qu’un chef d’orchestre tentait de le cadrer et de lui faire jouer ce qui était écrit sur sa partition, il n’y arrivait pas et n’en faisait qu’à sa tête. La clarinette était séduite par cet instrument original et inclassable, elle se rapprocha donc de lui pour jouer avec et s’aventurer dans de nouvelles musiques. Le violoncelle en prit ombrage et rappela au saxophone qu’il était indispensable, lui, à l’orchestre. Sans violoncelle, pas de quintette à cordes et pas d’orchestre symphonique. Le saxophone n’est pas indispensable dans l’orchestre… Mais le saxophone s’en moquait, il ne cherchait pas à être indispensable mais jouait avec tous les instruments qui voulaient de lui à un moment donné, que cela dure ou pas. Il avait toujours réussi à attirer de nombreux instruments assez différents : la flûte, la contrebasse, la harpe, la trompette… Notre clarinette, qui perdit la tête, finit par ne plus savoir ce qu’elle voulait, mais elle se rendit compte que sa place était toujours auprès de son violoncelle, car leurs timbres, bien que différents, étaient merveilleusement complémentaires et ils pouvaient s’accorder aussi bien dans le classique, le romantique ou le moderne. Et même bien d’autres styles… Le saxophone reconnut cette évidence, et comme il avait la même passion pour la musique que son acolyte à cordes, ils devinrent amis et jouèrent même ensembles plusieurs fois.

Tout est bien qui finit… en musique !

Commentaires   

Malyce
0 # Malyce 23-10-2017 22:05
Métaphore filée ? Hum...Rudement bien menée, à tout point..d'orgue ?! ;-)
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Frédéric
0 # Frédéric 24-10-2017 09:29
Tout dépend de qui on parle, mais tu le sais déjà... ;)
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Frédéric Grimbert
0 # Frédéric Grimbert 24-10-2017 02:46
Citation en provenance du commentaire précédent de Malyce :
Métaphore filée ? Hum...Rudement bien menée, à tout point..d'orgue ?! ;-)

Il y aurait donc une métaphore ? Avec des personnes existantes ? Je n'ai pas assez d'informations pour faire le rapprochement.. . Pouvez-vous me donner quelques indices monsieur de La Fontaine ? 8)
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Frédéric
0 # Frédéric 24-10-2017 09:33
Je pense que tu pourras deviner en cherchant un peu, mais disons que la vie est un orchestre, en tout cas nos relations sont des instruments, qui sont plus ou moins en relation, directe ou indirecte, et parfois dirigées par un chef, mais pas toujours. :-)
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Frédéric Grimbert
0 # Frédéric Grimbert 24-10-2017 10:58
Effectivement vu sous cet angle les choses sont plus limpides... Je n'ai pas le cerveau aussi alerte que je voudrais le croire, en ce moment. Des parallèles dans le cinéma, dans la musique, bref dans tous tes écrits en somme. Moi qui n'avait vu au premier abord qu'une mignonne petite histoire, c'était sans compter ton côté espiègle... Du coup de conte j'aurais plutôt vu fable...
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Frédéric
0 # Frédéric 31-10-2017 09:06
Fable oui, sauf qu'il n'y a pas de morale à la fin, et n'oublions pas que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale c'est que toujours la morale des autres !! :lol:
Quant à ton cerveau, je te rassure il fonctionne très bien, à en lire tes derniers écrits ;-)
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Frédéric Grimbert
+1 # Frédéric Grimbert 31-10-2017 13:03
Bien sûr qu'il y a une morale, puisque "tout finit en musique". Seulement faudrait savoir laquelle, de musique... Ce qui m'intrigue le plus c'est cet étrange chef qui dirige le tout. Lui, m'inquiète, mon cerveau fonctionne très bien, comme tu le dis, surtout lorsque quand, toi aussi, tu sais, subtilement, dans ton style qui t'es propre, insuffler discrètement la paranoïa... Déjà qu'avec tes scénarios, genre "petits meurtres entre amis", j'ai du mal à dormir... :-*
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