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Au delà des limites

Texte écrit par Frédéric Grimbert

La déferlante qui nous gagnait jadis n'est plus qu'un remède à la solitude. Si j'avais su alors les erreurs que je ferai, je les aurais quand même faites. On ne peut retenir ses actions si elles avaient un sens à ce moment là. Un sens, non pas de raison, mais un sens de l'émotion.

J'ai peint sur ton ton visage les caresses que tes yeux m'inspiraient. J'ai fermé les clés du hasard pour accéder à celles de ma rage. Cette rage futile et fragile qui ne ferait pas même peur au vent, mais qui m'appartient, dans mes rêves, mes tourments, mes fantasmes et mon imagination.

Peut-on savoir qui va toucher notre cœur ? Peut-on le décider ?

Est-ce affaire de cœur ou d'émotions ? Est-ce affaire du sexe, de l'émotion ou du cœur ?

Je ne suis qu'un ! Avec mon cœur, mes envies, mes doutes, mon ressenti, mon idéal d'un ou plusieurs moments. D'une circonstance. Il y a ce que l'on donne, ce que l'on prend et ce qui en reste.

Mais que sais-tu de mes besoins si les tiens ne sont pas les mêmes ? Que sais-tu de la peur qui t'habite quand tu voudrais te préserver à tes valeurs qui sont un frein aux possibilités d'être ensemble ? Alors moi je crache sur ces situations qui ne permettent pas que la nuit recouvre de son drap de douceur, le seul élan sublime qui fut qu'on ne peut recréer ce qui fut déjà créé jadis.

Au diable la vanité, le rêve et l'espoir. Je ne veux jouir que du réel, pas de l'inventé, pas du déjà-vu, déjà joué. Se réinventer sans cesse et non pas tomber dans la routine. Je veux apprendre, oublier, réapprendre, et donner à chaque fois une nouvelle signification à la vie, à la pensée. Comme on ne peut entendre deux fois les mêmes notes en ressentant les même choses puisque l'instant n'est plus le même. Alors je pense à toi, et à toi, et à toi aussi. A vous, femmes que je n'ai jamais touchées, que je ne toucherai jamais, ni deux fois de la même façon ou que j'ai touchées dans un renouvellement systématique. Car oui il s'agit bien d'amour, fantasmagorique, utopique ou déjà éprouvé, dont je parle. Je veux ces yeux de promesses, je veux ce regard venu de l'au-delà, je veux être rassuré tout en perdant pied, je veux l'ultime réinventé, je veux qu'il n'y ait rien à attendre en retour quand un moment est partagé, tel un sein maternel qui donne, sans rien attendre. Je veux tout ça sans rien avoir à donner que ce que je donne au même moment. Je ne veux pas être un investissement sur le futur, mais sur le présent, sur cette seconde éternelle qu'on ne peut obtenir que dans la magie de l'instant, quand rien n'est calculé, quand tout est donné. De part et d'autre. Cette état qui nous rapproche du divin, du sublime. Et heureusement, je l'ai connu, cet état qui est comme la jouissance, éphémère, car si elle devait durer elle nous rendrait fous. Notre cerveau ne peut se permettre de jouir continuellement, car la jouissance relative et durable n'en est plus une si elle a besoin d'être encore plus forte, jusqu'à en perdre sa raison.

Non, ce qu'il faut c'est trouver cette fenêtre et pouvoir y jeter un coup d’œil à sa guise, pouvoir s'y lâcher, y perdre pied s'il le faut, mais sans se contenter des trois dimensions visibles. Ne pas écouter de la musique uniquement avec ses oreilles, encore faut-il qu'elles soient adaptées à reconnaître des nuances imperceptibles, mais avec son âme. Et sans énumérer tous les sens qu'on possède il faut surtout se fier au sixième sens. Celui que peu possède, celui qui nous fait voir au delà des choses, qui nous fait vibrer, parce qu'on les comprend par ce biais uniquement.

De ces chemins éparpillés, je ne peux retenir que ceux où l'on se croise.