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Chacun de nos mots compte

Écrits divers

Blues

Texte écrit par Frédéric Grimbert

Encore une trace de toi qui perdure. Tout cet amour qui ne s'efface pas. Car finalement on se retrouve. Indéniablement. Je suis assis sur le lit et tu viens vers moi. Tu viens sur moi. De nous deux n'existe que le silence complice, que nos regards posés l'un sur l'autre. Une promesse qui nous appartient depuis toujours. De ce silence surgit un dialogue tacite que nous seuls pouvons comprendre : les regrets et la certitude, la tendresse et la capitulation, la flamme dans l'obscurité, le pardon et le salut.

Le rideau dévoilé

Texte écrit par Frédéric Grimbert

Je crois que l’Être que l’on aime le plus au monde c’est soi-même. Je dis « aimer » comme je pourrais dire « avoir de l’estime pour », mais je pense que cette estime de soi est sans perversion, c’est quelque chose de naturel. C’est le plus grand Amour dans sa signification la plus pure. Je viens de faire un rêve merveilleux sur ce sujet. Merveilleux, parce qu’il semblait si réel par rapport à certains de ces rêves qui le sont moins étant donné qu’au fond de nous on a conscience de n’être qu’en train de rêver. Alors on se contente de ce bien-être auquel on a envie de croire. Celui-ci paraissait trop réel pour n’être qu’un rêve. Le rêve est, par définition, une de ces preuves de cet amour de soi puisqu’on y est toujours présent, que se soit en tant qu’acteur ou que spectateur. C’est pour cette raison que j’ai la certitude qu’on est l’Être que l’on aime le plus au monde : on est indispensable à notre propre vie, car sans exister nous ne pourrions avoir l’impression de vivre quelque chose.

Fragments I

Texte écrit par Frédéric Grimbert

La mort vicieuse m'observe encore. D'ailleurs a-t'elle seulement cessé de le faire ? Que ses pièges soient partout, j'ai toujours su qu'il fallait faire avec. J'ai souvent joué à regarder de l'autre côté, à l'observer à mon tour. Je lui ai fait l'amour de nombreuses fois, elle m'en a pris ma jeunesse, ma jouvence. Qu'y ai-je gagné ? Un plaisir malsain, certes, mais insatiable et inoublié. Car aujourd'hui elle ne veut plus rien de moi, elle ne veut ni ma vie, ni ma mort. Que lui rapporterai l'un ou l'autre. Elle se dissimulait bien derrière sa jeunesse immorale, que le temps lui prendra à elle aussi et la revêtira de son apparence réelle, où la chair ne sera plus que squelette et le but assouvi.

" Maman, à l'aide ! "

Texte écrit par Frédéric Grimbert

Je ne sais pas pourquoi j’ai systématiquement besoin de faire un préambule avant d’écrire un rêve, mais tant pis !
Hier soir, alors que je regardais malgré moi une photo de ma mère tout en faisant le constat de mes échecs, je l’appelais « à l’aide ! », je lui demandais de me guider, mais pour toute réponse je n’ai reçu que la mienne qui me disait : « elle n’a jamais connu ce genre de situation et ne peut donc pas t’aider ».

Raison funèbre

Texte écrit par Frédéric Grimbert

L'étau replié sur la tête tel un carcan, les yeux brûlés par l'aridité de larmes absentes, le coeur galopant comme un cheval enchaîné à ses tripes, l'impossibilité de voir plus loin que la veille, le ressentir du devenir absent, voilà comment mon corps me trahit. La chair en-deça des désirs refoulés et exclus. La pensée cherchant à se frayer un chemin au grès des impasses. Les pulsions incroyables qui n'étaient que des leurres macabres annonçant une fin toujours plus lente, toujours plus douloureuse.